samedi 15 novembre 2014

La guerre des fleurs (Tad Williams)

Je me suis penché sur ce roman alors qu'il était nommé comme un des meilleurs de fantasy sur le site de Elkabin. Un petit tour en boutique, un achat rapide, et puis le voilà dans les étagères avec tout le reste, mais heureusement, un stage et je l'emmène, histoire d'avoir un pavé à lire (tout de même plus de 800 pages), que ça me tienne un peu plus longtemps. Ah, la belle illusion que voilà ! Comme si un livre ne pouvait pas être lu tellement vite qu'on ne s'en rende pas vraiment compte.


Résumé en trois mots : Autre monde, Guerre et Fées


Une histoire qui m'a surprise sur un point : elle met un temps fou à décoller, à rentrer dans le sujet (en fait, le résumé au dos vous donne environ 300 ou 400 pages du livre), sans que je ne le remarque. C'est à un moment que je me suis rendu compte qu'on arrivait à la moitié du livre et que l'histoire commençait à prendre le virage qu'on sentait dès le début. Le seul hic, à mon avis, c'était qu'il y allait avoir un problème pour la fin. Et je ne me suis pas trompé.
Ce livre est vraiment génial, car il arrive à nous raconter une histoire qui prend tout son temps pour être développée. Elle se met en place lentement, les personnages se développent petit à petit et pourtant tout semble aller à vitesse normale. Et puis, progressivement c'est l'accélération jusqu'au crescendo final. Avec tout le monde qui se retrouve, évidemment.
Le seul hic, c'est que la fin n'est pas à la hauteur du reste, et je trouve ça vraiment dommage. En gros, l'histoire prend le temps de poser des bases très intéressantes, mais se conclut trop vite et trop facilement, bien loin de ce qu'on attendrait d'une saga de cette ampleur. Classique et sans grandes surprises, avec un Happy End un peu trop artificiel, ce qui est dommage au vu du reste. Et, le problème qui me semble le plus important, c'est que la fin vient trop rapidement. L'auteur a un véritable talent pour nous entrainer dans les centaines de pages sans qu'on y prenne garde, je pense qu'il aurait du continuer un peu et nous faire quelques pages en plus.
Mais ne contestons pas ce livre, qui reste excellent, il faut bien le dire. Les différents personnages notamment sont excellents, à commencer par le héros, mais aussi tout ceux qui l'entourent, et surtout Trognon d'Pomme, qui est comme son prénom ! Et il faut bien avouer que l'histoire, quoique sans originalité énorme, est très bien menée d'un bout à l'autre et surprendra quelques fois par des détails simples mais bien trouvés. Alors il est de bon ton de le lire, non ?


Ce livre est, dans mon jargon, un bon petit livre qui se lit avec plaisir, et qui manque de peu de passer dans la sélection des meilleurs. De la fantasy sympathique et bienvenue, avec des personnages intéressants, mais aussi avec des idées bienvenues et souvent présentes, des situations bien sympathiques et surtout un style d'ensemble qui se dévore sans qu'on n'en laisse passer une miette. Pour un livre de fantasy, c'est rare de laisser passer autant de pages avant de commencer l'histoire. Et ça fait plaisir. C'est le genre de livre qu'on lit par plaisir, qui fait plaisir, et dont on se souvient avec plaisir. A peu de choses près, je lui aurait accordé une place dans le haut du pavé. Presque, mais lecture hautement et chaudement conseillée tout de même !

(Chronique n°211)

jeudi 13 novembre 2014

Millenium (Stieg Larsson)

A l'occasion d'un retour dans ma terre natale, je tombe sur les trois tomes de cette saga que j'avais lu voila un bon moment, et que j'avais ensuite prêté sans que je ne puisse me rappeler à qui. Et voila que celui-ci revient dans mes mains, me rappelant leur bon souvenir et me donnant également l'occasion de les relire, chose que je me suis permis de faire rapidement, peut-être un peu trop en diagonale, mais avec toujours le même plaisir et la même intensité. C'est pourquoi je me suis laissé aller à en pondre une petite chronique sur ce blog, puisque je ne pouvais tout de même pas passer à côté d'un des rares polars que j'ai lu récemment et qui ne m'a pas laissé de marbre lorsque je l'ai refermé. Sans compter que cela me permettra enfin d'ajouter la catégorie des auteurs suédois à la liste déjà longues des nationalités présentes dans la roulotte !


Résumé en trois mots : Femmes, Violence et Enquête

Je ne vais pas trop m'étendre sur l'histoire de ce livre, puisque vous avez du en entendre parler à moins d'avoir passé les dernières années dans une grotte au fin fond du désert, entre la sortie des livres avec force de publicité (méritée pour une fois) et ensuite la sortie des films. Bref, ce n'est pas ce que nous appellerons un livre peu connu.
Maintenant, qu'en est-il réellement après lecture ? Et bien, pour une fois, il faut l'avouer, la médiatisation avait du bon, puisque c'est ni plus ni moins qu'une petite pépite qui nous a été livré par cet auteur.
Comme je l'ai déjà souvent souligné, le genre du polar n'est vraiment pas mon préféré, et j'ai souvent laissé tomber un livre de ce genre pour me replonger dans ce que j'appelle des vrais genres de littérature. Mais de temps en temps, l'un d'eux arrive à me retenir suffisamment longtemps pour que je puisse le finir, et ce fut le cas de cette série, qui est pourtant massive, avec ses trois tomes plutôt épais (pour un format de poche). Qui plus est, la série m'a tenue en haleine jusqu'au bout, et je peux clamer haut et fort que je l'ai beaucoup aimée ! Comme quoi, il ne faut jamais désespérer, on peut toujours trouver chaussure à son pied.

Ce qui m'a plu plus que tout dans cette trilogie, c'est que l'auteur commence le premier comme un classique de polar, avec un premier tome d'enquête qui tourne presque au thriller. Mais les deux suivants enchainent sur les personnages plus que sur l'enquête et finissent par conclure la trilogie juste comme il faut, sans happy end tranché, avec des hauts et des bas, des bons et des mauvais côtés. Mais avec une fin, et c'est le plus important.
Cette série sait également offrir des vrais personnages, et ça fait du bien. Les héros sont extraordinaires, avec tout leurs bons et leurs mauvais côtés, mais toujours attachant. Ils aiment et souffrent, ils vivent et se battent, ce sont là des vrais héros, mais des héros ô combien humain. Et ça, ça fait rudement plaisir à lire, de temps en temps.
Enfin, il y a le sujet de toute la saga, et là c'est la cerise sur le gâteau. Profitant de son roman et de ses personnages, Stieg Larson en profite pour dresser un portrait peu flatteur de la Suède mais parle surtout de la violence faite au femme. C'est une magnifique idée, mais qui peut vite tourner en eau de boudin. Et là, je ne peux que reconnaitre tout le talent de l'auteur qui nous a gratifiée d'une morale parfaite, montrant sans détour toute cette violence faite aux femmes dans un monde brutal et sans pitié, mais également toute la force de ces femmes qui se battent pour ne pas être broyées impitoyablement. C'est, à travers ce roman, la lutte des opprimées contre un système obsolète, oppresseur et machiste.
Le roman sait jouer avec la noirceur et la violence, donnant un ton résolument sombre à l'ensemble. La vie n'est pas facile, mais ce n'est que le reflet d'un monde où des choses bien plus terribles se passent. Ce roman à également le mérite de nous intéresser à des problématiques politiques plutôt extérieur, celles entre la Suède et les pays communistes, tout ce qui nous touche un peu moins, nous autres français peu tournés vers l'est. Et il faut tirer le chapeau aux traducteurs, qui ont également réussi le pari de laisser le roman extrêmement lisible, d'un bout à l'autre.

Ce que je peux ajouter à cette trilogie, c'est le simple conseil : lisez-la. Je conseille rarement des polars et j'en lis à peine plus, mais c'est ceux de ce genre que je vous recommande. Une telle série mérite qu'on s'y attarde, autant pour sa forme parfaitement maitrisé que pour son fond qui ne peut que interpeler. C'est à la fois violent et nécessaire, mais on ne ressort pas indemne d'une telle lecture. Les personnages et leurs situations nous prennent à la gorge, et lorsqu'on en ressort c'est rempli de réflexion. Une de ces série dont je me détache à regret, tant je voudrais pouvoir continuer à voir ces personnages vivre, évoluer. Mais toute les bonnes choses ont une fin et celle-ci est au niveau du reste. Une page se tourne, et pourtant Millenium continue de nous habiter ensuite. La marque des grands romans.

(Chronique n°210)

mardi 11 novembre 2014

Sorceleur (Anrzej Sapkowski)

Chronique un peu décalée que je poste finalement après l'autre, mais je n'ai pas énormément de temps en ce moment et je préfère mettre ce que j'ai sous la main en ligne. Je me dépêche donc d'écrire des chroniques, et je reviens aussi vite que je le peux.
Ce livre est sorti voila un moment et s'inscrit en réalité avant La saga du Sorceleur, puisqu'il regroupe les deux premiers tomes écrits par l'auteur, L'épée de la Providence et Le dernier voeu, recueils de nouvelles qui introduisent tout l'univers de la saga, ainsi que les principaux personnages, tout en mettant en place une partie de l'échiquier politique qui se développera plus tard.
Alors, qu'en est-il au final, de ce tome introductif qui permet de découvrir un univers et des personnages hauts en couleur ?


Résumé en trois mots : Contes, Fantasy et Violence

Curieusement, j'ai trouvé ce tome introductif meilleur que la saga qui le suit. En effet, contrairement à ce qui apparait nettement dans La saga du sorceleur, ce tome arrive à garder une cohérence d'un bout à l'autre, sans jamais se perdre complètement. Le principe des nouvelles permet à la fois de garder une histoire entière en peu de pages et de développer un petit aspect du monde, que ce soit entre les humains, dans les villes, entre le Sorceleur et les autres, avec les créatures fantastiques ou bien même l'introduction de certaines cours et des intrigues qui y sont mêlées. Ces historiettes tissent progressivement des liens entre elles et construisent les bases sur lesquelles s'appuiera la saga.
Ce qui est d'un énorme intérêt également, c'est que les histoires qui sont présentes ici allient encore plus efficacement un humour sympathique avec des références à des contes. Bon nombre d'histoires sont en fait des détournements de contes très connus (la belle et la bête ou Blanche-Neige notamment) mais avec des moments plus tragiques et de la violence plus marquée. Le monde présenté reste toujours sombre jusque dans ses recoins.
Le style d'écriture est toujours aussi plaisant, et c'est agréable de picorer ces petites nouvelles au fur et à mesure, alliant découverte du personnage avec découverte de l'univers, humour et référence sympathiques. L'ensemble se tient jusqu'au bout et fournit un final qui ouvre largement la porte à la saga et aiguise notre appétit.


Un tome introductif de qualité, qui nous fait une proposition plus qu'alléchante, faisant qu'au final on a plus qu'envie de plonger dans le reste de la saga. Alliant humour et noirceur, ces nouvelles nous plongent dans un univers médiéval fantasy qui nous attire et nous intéresse. En matière d'introduction à une saga, c'est un must-have, qui donne envie de continuer, même si c'est regrettable que la suite ne sois pas à la même hauteur.

(Chronique n°209)

samedi 8 novembre 2014

La saga du sorceleur (Anrzej Sapkowski)

Une bien belle et longue saga, sur laquelle j'aurais lu diverses choses pas forcément flatteuses. Mais il faut bien reconnaitre que ce n'est pas une saga habituelle. Déjà par les couvertures (la réédition en poche m'aurait tuée), mais aussi par le contenu, sans parler du manque de réédition en français. Et le jeu vidéo qui en fut tiré et qui est bien plus connu (et mieux noté, curieux fait). Mais je me suis penchée vers elle après avoir lu les premières nouvelles, et je n'avais plus qu'une envie : plonger à nouveau dans cet univers et arriver à voir la suite des aventures de ces personnages hauts en couleur et incroyablement attachants.


Résumé en trois mots : Magie, Prophétie et Guerre

Je dois bien dire, au final de ma lecture, que j'en ressort avec une sensation de déception. Mais si la déception est là, c'est que j'en attendais beaucoup, et le début pronostiquait tellement mieux pour la fin ...

En essayant d'expliquer les choses de façons précises, je dois d'abord relever un détail qui a toute son importance : Sapkowski écrit très bien, le style est incroyablement plaisant, entre la noirceur du monde et les situations rarement roses, mais avec aussi un humour qui se manifeste de temps en temps par de petites touches, et c'est toujours agréable. Et c'est prenant, c'est ça qui fait plaisir. On veut connaitre la suite, bien que cela nous semble parfois un peu artificiel dans le fond.

Car oui, il faut bien l'avouer, il y a des choses un peu trop artificielle dans le fond de certains livres, et je dirais principalement au-delà du troisième tome. Les deux premiers mettent en place l'ensemble et apportent d'excellents éléments, mais la suite n'est pas à la hauteur et plusieurs fois je me suis désolé de l'avancement.
Ce qui est vraiment dommage, c'est que l'auteur a posé une situation vraiment excellente, notamment politiquement, avec tout ces conflits, intrigues, mélant politique, espions, magiciens, pouvoirs et complots. Mais voila, c'est sympathique, sauf quand on résout tout brutalement à la fin avec des moyens assez peu digne de l'ensemble. Le dernier tome donne l'impression de vouloir tout conclure beaucoup trop rapidement. Et c'est vraiment, vraiment dommage.
En parlant de ces problèmes scénaristiques, je dois bien avouer que c'est aussi problématique autour du reste : la saga du sorceleur, peut-être, mais celui-ci est un personnage assez effacé par rapport à Cixi, qui est la figure vraiment centrale. Et d'ailleurs, pourquoi avoir retiré Yennefer des trois quarts de l'histoire ? C'était un excellent personnage, mais qui ne sert pratiquement à rien dans tout les tomes. En fait elle n'est même pas là plus de la moitié du temps.
Autre souci, niveau scénaristique : l'ajout de certains personnages. Je ne suis pas contre l'introduction de nouvelles têtes, toujours intéressantes par ailleurs. Mais là, la plupart du temps c'est en un bloc et les personnages m'ont semblé un peu trop artificiels dans leur façon d'être, même si ça s'améliore beaucoup par la suite.

Par contre, et pour finir sur une note positive, le reste possède beaucoup de bonnes idées. J'ai adoré, à titre d'exemple, la bande des Rats ou la façon dont la guerre impacte sur la vie générale des gens, bien qu'on ne voit presque jamais des batailles (il y en a, si mes souvenirs sont bons, une seule dans les cinq tomes). C'est des luttes entre petites gens lorsque les grands se tapent dessus. Et c'est aussi un monde très sombre et qui contient tout son lot d'horreur et de noirceur (notamment violence gratuite). Un monde mêlant bien fantasy et moyen-âge, noirceur et pique d'humour, sur fond de guerre et d'interrogations. Une belle histoire, mais qui se déroule avec trop d'accroc pour qu'on puisse l'apprécier à sa pleine valeur.

Au final, je suis très mitigé et j'hésite à conseiller la lecture de cette série. Déjà, parce que si vous voulez vous la procurer vous aller payer très cher ou avoir des couvertures dégueulasse. Mais en plus, l'histoire est très inégale, à la fois plaisante sur le monde et décevante sur le fond. C'est une saga qui aurait mérité une histoire plus travaillée, et je n'ai pas retrouvé tout le plaisir que j'avais eu en lisant le premier tome. C'est vraiment dommage, parce que le monde est intéressant et que j'aimais beaucoup de choses dedans. Alors, dois-je la déconseiller pour autant ? Non, évidemment, je ne peux pas. C'est une saga qui à de quoi plaire, et qui présente du potentiel. Si vous êtes intéressé par ce genre de choses, n'hésitez pas à la lire quand elle vous tombe sous la main. Mais dans l'optique d'une superbe saga de fantasy, il faudra repasser.

(Chronique n°208)

mercredi 5 novembre 2014

La nuit de la Lune Bleue (Simon R. Green)

Un des sept livres que j'emmenais avec moi dans mon périple en stage de théâtre. Et puis bon, j'aime de plus en plus ces rééditions, alors je me suis permis d'en emmener un de plus que ce que j'aurais du. Après tout, dans une valise ça ne pèse pas lourd. C'est ainsi que je me suis retrouvé à le lire très vite, bien trop vite (surtout au regard de ce qu'il fallait faire autour). C'est le deuxième livre de cet auteur, et je pense que je me pencherais à nouveau vers lui lorsque je le recroiserai, car c'est vraiment un auteur sympathique.


Résumé en trois mots : Fantasy, Prince et Humour

Alors attention, bien que je mette humour, il ne s'agit pas là d'un roman humoristique, mais d'un roman de fantasy à tendances humoristiques, bien que celles-ci s'étiolent progressivement. Le fond reste, d'un bout à l'autre, résolument attaché au style de fantasy avec beaucoup de choses classiques, mais également des écarts très intéressants.
Je dois avouer, j'ai eu gros faible pour les personnages, très bien campés pour la plupart, à la fois complexe et en même temps répondants aux images qu'on attend d'un personnage de fantasy « classique », surtout niveau des princes. Et surtout, la princesse ! Celle qui a un méchant crochet du gauche et qui n'hésite pas à le mettre dans toute face ne lui revenant pas. Et puis ces gobelins trouillards qu'on croise plusieurs fois dans le livre … Des têtes vraiment sympathiques et qui font plaisir à voir.
L'histoire m'a un peu plus déçu, notamment sur la fin où le ton devenait très sérieux et tombait dans plusieurs clichés grossiers (comme le méchant et les traitres), mais elle sait se maintenir et offrir un final, bien que ce soit presque trop facile par certains côtés. C'est dommage car il y avait un potentiel qui pouvait encore se développer à mon avis, surtout du côté de la princesse. Mais quelle bonne idée de ces armes diaboliques, et surtout de leur fin ! Bref, le roman est truffé de très bonnes idées même si au final il m'a semblé que la fin faisait un peu trop facile. C'est vraiment dommage, même si cela n'empêche en rien la lecture de se faire fluide et de rester intéressante jusqu'au bout.

Au final, c'est ce que j'appellerais un bon livre à lire, distrayant et bien souvent humoristique, quoiqu'au final avec une trame très classique. Mais les personnages sont sympathiques, l'humour fait mouche lorsqu'il est présent, et l'ensemble est très plaisant à lire. Pour un lecteur occasionnel de fantasy, ce livre est un très bon choix, simple et facile, plaisant et drôle. Pour un lecteur assidu, il peut s'agir d'une lecture sympathique entre diverses lectures plus complexe et plus prenantes. Bref, un petit moment de détente, une petite parenthèse entre les grosses lectures.

(Chronique n°207)

lundi 3 novembre 2014

Les mémoires de Zeus (Maurice Druon)

J'avoue, sans honte et sans pudeur, que c'est le nom de Maurice Druon qui m'a fait dresser l'oeil en premier. Avouons que ce n'est pas ce qu'on s'attendrait à trouver dans la collection des livres Bragelonne (spécialité : la fantasy). Mais ensuite, le titre apportait un mystère que j'eus envie de résoudre. Les mémoires de Zeus ? Quelle drôle d'idée de la part de cet auteur dont je connaissais surtout la saga « Les rois maudits » (comme la plupart des gens d'ailleurs). Puis, lecture du résumé, où je comprend que l'histoire parle de Zeus à la première personne. Une autobiographie du roi des dieux grecs … Ça, c'était la seule chose qu'il aurait fallu pour me lancer dans la lecture immédiate de ce livre. C'est d'ailleurs ce qui s'est passé, peu ou prou. Car oui, la mythologie, c'est un de mes grands dadas …


Résumé en trois mots : Autobiographie, Dieux et Mythologie

Ce livre est vraiment l'autobiographie de Zeus, écrite par Maurice Druon telle qu'elle le serait si le roi des dieux venait à se réveiller en 1967 (la première édition du livre est vieille) et qu'il voulait raconter sa vie pour tout mortel de ces années là. Le livre commencera donc par toute la création de l'univers par la famille de Zeus, la création de la terre, de la vie, des animaux, de tout ce qui existe.
Disons le tout net, ce livre est très bien écrit. Je reconnais à Maurice Druon la qualité de sa plume (n'oublions pas qu'il fut membre de l'académie française), qui sait marier à merveille le beau langage et la verve humoristique, qui fait du récit une histoire plaisante et agréable à lire. En plus de tout le reste. D'ailleurs le découpage en chapitres courts avec les titres annonçant le contenu m'a beaucoup plu, ça fait bien à lire.
Pour ce qui est du contenu, car il faut bien en parler, c'est tout simplement génial. Maurice Druon nous fait un tableau complet de la vie de Zeus, depuis bien avant sa naissance jusqu'au moment où il sombra dans un lourd sommeil sans jamais omettre d'histoire, mélangeant toutes celles qui concernent Zeus présente dans la mythologie grecque. Et lorsqu'on les assemble, le tableau est très intéressant. Ce qui m'a notamment fait plaisir, c'est que Zeus ne fait pas que raconter mais commente également tout les évènements à sa façon, défendant souvent le point de vue inverse de celui que l'on aurait tendance à connaître. C'est une relecture très intéressante des histoires divines, donnant des dimensions supplémentaires à ceux-ci, tout en conférant à l'ensemble une grande cohérence dans l'optique. Lorsqu'on examine tout comme cela en un bloc, il faut remarquer l'ingéniosité du Panthéon grecque qui était bien plus riche et bien plus dense que les simples images que l'on a conservé (à ce niveau la lecture de la vie d'Hercule est passionnante). Maurice Druon nous fait un tour d'horizon bien plus complexe que ce à quoi je m'attendais. Il sait marier également les histoires divines et l'histoire des hommes, nous rappelant de temps à autre à quelle époque historique se situent les faits.


Un livre qui m'a énormément plu, de par son côté mythologique, mais qui m'a également séduit pour bien d'autres qualités, concernant tout autant le fond que la forme. La vie de Zeus vue dans son ensemble est une excellente idée et Maurice Druon a su en tirer tout le nectar, nous offrant un livre digne de l'amboise qu'il contient, avec autant de sérieux que d'humour et plein de petits réflexions sur la façon de concevoir les dieux grecs, tout autant que la façon de comprendre l'histoire divine, qui est finalement aussi riche et aussi complexe qu'aurait pu l'être la vie d'une personne réelle. Alors, pourquoi se priver d'une autobiographie de cette qualité ? Un livre que je recommande chaudement, il m'a passionné et il devrait bien vous plaire !

(Chronique n°206)

dimanche 19 octobre 2014

J'irais cracher sur vos tombes (Boris Vian)

Entre deux galères, je trouve toujours le temps de lire un petit livre de derrière les fagots, et je me suis attardé un peu sur ce livre d'un véritable génie que j'adore, dans presque tout ce qu'il a fait et que j'ai eu la chance de découvrir jusqu'ici. Boris Vian, le poète, chanteur, écrivain, scénariste, humoriste, musicien, l'homme complet et complexe, une véritable bête des arts. Un monument à découvrir. Et celui-ci rentrait dans la catégorie des romans qu'on me conseillait fortement de lire.

Résumé en trois mots : Noirs, Sexe et Violence

Je caricature un poil le propos dans ce résumé en trois mots, mais il faut bien avouer que ce sont les trois thèmes centraux de cette histoire curieuse et au relent de vérité qui mettent mal à l'aise. Déjà, et je tiens à la souligner, c'est un livre dans une ligne purement réaliste, soit au antipodes des autres écrits de l'auteur que j'avais déjà lu (L'écume des jours, Les fourmis et L'arrache-coeur). Ici, point de monde déformé, de réalité transfiguré et de critique voilée mais acerbe d'un monde plus fou que ce qu'il en tire.
Ici, tout pue la vérité, du début jusqu'à la fin, dans ce personnage du noir à la peau blanche qui cherche à venger son frère. Rien que du réalisme dans les échanges entre personnes, dans les faits racontés. C'est ce qui rend la lecture parfois malsaine au plus haut point, tout en conférant à l'ensemble un statut d'avertissement plutôt bienvenue.
C'est intéressant de constater que ce livre, issu des années de ségrégation, traitant d'un racisme qui n'existe plus en apparence chez nous, est toujours bien actuel dans certains de ses propos. Autant sur la jeunesse dorée qui se défonce dans tout les sens du terme, que sur la perversité de ceux-ci, les façons d'être et de réagir. Tout le monde est mauvais ou ignoble, et ce n'est pas le personnage principal qui arrangera les choses, même si il s'agit peut-être du seul qui semble agir avec un réel motif, et presque avec raison. Presque.
Le livre est extrêmement cru, il faut bien l'avouer. C'est explicite sur tout, et c'est ce qui en fait sa force. Rien n'est caché, mais finalement rien n'est vraiment important dans ce qui est cru. C'est le reste, ce qui se dévoile petit à petit, ce qui est tendrement camouflé derrière qui importe. Les sentiments, les raisons, le ressenti. Et tout cela ne transparait qu'a demi-mot. C'est plus complexe qu'il n'y parait au premier abord, car tout est dévoilé, masquant l'essentiel.
Mais ce livre est aussi un coup de poing puissant sur la table et dans la gueule. Qu'en tirer, quelle morale et quel message ? Je ne suis pas sur qu'il y en ai vraiment, et s'il y en a, c'est pluriel. Tout peut-être motif à question, et le final en crescendo accentue ce côté là. Décortiquez-le pendant des heures, vous pourrez en tirer ce qui vous semble bon.

Un étrange roman, dans l'esprit de Boris Vian, mais à part des autres que j'ai déjà lu de lui. C'est purement ancré dans la réalité, et de fait, le roman à une odeur bien plus désagréable. C'est cru et violent, mais jamais gratuitement. C'est méchant et cynique, mais là encore ce n'est pas par pur volonté de déranger. Et c'est puissant. Boris Vian nous entraine dans son histoire pour ne pas nous lâcher. Sans qu'on ne devine où cela nous entraine, l'histoire se déroule inlassablement, nous dévoilant plus d'horreur qu'on aurait voulu, mais nous assénant en face ces vérités qu'on veut éviter.
Si le propos sur la condition des noirs peut sembler démodé, je ne peux m'empêcher de repenser à certains, qui aujourd'hui, en Franc, parlent de ces "bougnoules" et de sang arabe dans les veines ... Et la critique de cette jeunesse dorée qui se défonce à tout va ne me semble pas plus démodée qu'elle ne l'était à l'époque. Les moyens changent mais pas le fond.
Bref, un roman excellent, à lire, car il me semble aussi actuel que peut l'être un roman sorti l'année dernière, et qui a le mérite de ne pas se voiler derrière des faux-semblant. La vérité est là, et elle nous éclate à la gueule. Le genre de roman puissant qui fâchent, qui impressionnent, qui estomaquent, mais qui ne laisse pas indifférent. Voyez ce qu'il en sera sur vous.

(Chronique n°205)

lundi 29 septembre 2014

Or not to be (Fabrice Colin)

Essayons de redémarrer les chroniques en partant d'un livre qui m'a plu. J'avoue avoir eu du mal à refaire des vrais textes de critiques récemment, et je sentais qu'il fallait quelque chose qui déclenche tout ça. Je pense pouvoir dire que ce livre à contribué à rallumer ma flamme de critique, qui s'était un peu étouffé depuis un petit moment (33 critiques en attentes). En même temps, il y a de quoi, et plus que largement.


Résumé en trois mots : Shakespeare, Onirisme et Art

Avouons-le tout net et sans détour : je ne m'attendais largement pas à ça. En tant que tel, je ne connaissais Fabrice Colin que de nom et un peu de réputation, plus deux livres écrits à deux mains, ce qui est donc assez peu comme départ d'un auteur. Sans compter que l'auteur ne fait pas tellement parler de lui, j'entends au final assez peu de critiques ou même de personnes en parler. Mais en creusant un peu, on se rend compte que l'auteur n'en est largement pas à son coup d'essai, qu'il a déjà bien confirmé son talent et qu'il est une valeur montante et sure de la littérature française actuelle. J'ai eu l'occasion d'aller le voir en dédicace, et même si ce fut bref, je fus enchanté de pouvoir toucher du doigt sa production qui semblait assez intense. Et qui donne envie de se plonger encore dedans.

Ce roman est étrange, intriguant, attirant, envoutant. Il est décousu et totalement linéaire. C'est un roman expérimental reposant sur des bases anciennes. Je ne saurais vraiment où le ranger, mais c'est dans mon top du panier qu'il va assurément. Dans le genre, je n'avais pas ressenti de tel "choc" à la sortie de ma lecture depuis celle de Martin Eden, de Neverwhere ou de Wonderful. Ici, tout est superbe mais en même temps rien n'est clair. Et pourtant si. Essayons de l'expliquer.

Déjà, le propos est centré sur Shakespeare sans que celui-ci n'apparaisse une seule fois. Bien évidemment, son œuvre et sa biographie lacunaire suffiraient à représenter le personnage, mais Fabrice Colin se paye le luxe de nous en donner plus, en inventant le reste, en reprenant la légende faite autour du personnage mais aussi en nous faisant explorer d'autres domaines.
Ce livre traite de folie, d'amour, de femmes et de mère, de l'art et de la vie, de la nature et de mythologie grecque sans que tout cela ne soit un seul instant incohérent. C'est un mélange de diverses choses qui forme un ensemble d'une grande richesse et que je n'ai pas fini de comprendre, j'en suis certain. Rien n'est totalement limpide, mais tout semble clair. Brillant.

La forme est aussi déroutante que le fond, puisque nous nous retrouvons avec des passages de la vie d'un personnage, avec des références internes au livre, puisque le personnage brule à un moment son journal, que nous lisons ensuite dans l'intégralité. Le tout se finissant sur une pièce de théâtre en cinq actes. C'est une façon tellement originale de faire qu'on ne peut résister, tout en comprenant à quel point l'ensemble est parfaitement cohérent à la structure interne du récit et au récit lui-même.

Le tout avec un style ... Excellent serait le mot exact. Parfaitement approprié, avec des passages proche du théâtre, de la poésie, du film, des morceaux d'onirisme et de folie parfaitement orchestré, des superbes passages entre réalité et monde de fée. Et des références qui rehaussent l'ensemble. Comment résister à cela ?

Pourtant, et je dois bien le dire, je ne sais pas si je conseillerai ce livre à tout le monde. En fait, ce livre est très expérimental et risque de rebuter plus d'une personne qui s'accrocherait au récit pour en comprendre le sens. C'est un livre qui nécessite un lâcher-prise mental, qui nous demande de nous asseoir sans se poser de question et de vagabonder dans cet univers étrange et poétique sans nous arrêter. Si vous arrivez à faire ce détachement, le livre commencera doucement à vous envouter pour vous promener dans une Angleterre qu'on rêverait de visiter, un sonnet de Shakespeare en tête, dans une forêt brumeuse, à la recherche de Puck ou d'Obéron. C'est un charme extraordinaire, qui nous tient d'un bout à l'autre pour nous relacher haletant avec en tête, comme unique pensée : "Oh merde. Encore".

Car oui, il faudrait se replonger au cœur de ce livre pour en extraire encore les détails qui ne semblent pas clair, les passages légèrement flous, tout ce qui est encore à découvrir. C'est un livre qui se déguste bien après sa lecture, qui reste en bouche et en tête, qui nous transporte pour nous lâcher après la dernière page, et la chute est belle et longue. C'est le genre de livre qui nous a accroché le cœur et qui nous laisse des petites cicatrices dessus, qui marque vraiment. Car oui, ce livre marque. C'est de la sensibilité, de l'émotion, et, pauvres de nous, simples mortels, nous restons sensibles à cela. Puisse cette sensibilité rester éternelle.

Si je vous conseille ce livre ? La question ne se pose même pas. Oui. Et je vous envie, futur lecteur de cette œuvre, de pouvoir gouter au délice nouveau de ce livre. Bonne lecture à vous, et rendez-vous ensuite, dans un théâtre ou à la bibliothèque. Avec Shakespeare. Et avec Fabrice Colin.

(Chronique n°204)

samedi 5 juillet 2014

Miséréré (Bernard Clavel)

Le royaume du nord, troisième tome

Troisième tome, avec toujours cet écrivain fabuleux et fantastique qui sait nous plonger dans les paysages du grand nord en nous faisant aimer tout ce qui s'y trouve, de la terre aux arbres, les rivières, le vent, la nature, les animaux et les hommes. Ici, c'est l'endroit gelé et froid, dur et cruel, mais une terre qui rend les hommes vrais.
Et nous voila face au troisième volume de cette saga, la suite directe des aventures, les mêmes lieux, certains personnages qui reviennent, et toujours cette même terre d'un nord canadien. Mais, un nouveau changement intervient. Voila que débarquent de nouveaux colons ...


Résumé en trois mots : Village, Curé et Communauté

Cette fois-ci, le roman se déroulera vraiment autour de St-George d'Harricana, autour duquel se greffent progressivement des nouveaux lieux, investis de colons qui viennent chercher ici le pain que la crise de 1929 leur a retiré. L'Etat cède des parcelles et envoie les pauvres cultiver. Et ceux-ci foncent en remplissant les trains de leurs misères. Certains arrivent, s'installent. Et construisent pour demeurer.

Ce livre se concentre donc autour de la construction des nouveaux villages, des communautés qui vont se former aux alentours de ce qui se transforme progressivement en ville, mais c'est également un livre sur les rapports humains qui se développent progressivement dans la société qui se recrée dans le nord. Et surtout l'histoire d'un personnage, Cyrille Labrèche, brave travailleur au grand cœur mais qui est aussi un peu trop têtu. Bien que n'étant pas le héros à proprement parler, il sera le fil conducteur de toute l'histoire.
Ce qui continue de me plaire dans cette saga, c'est les croisements qui arrivent successivement entre les livres, les personnages revenant mais de façon différentes, le temps ayant passé à chaque fois. Mais tout l'intérêt est aussi de suivre l'historique de cette terre qui bouge, progresse, évolue, se transforme. Tout en restant fondamentalement la même. C'est une terre sauvage et difficile, qui sait se montrer hostile.

Une histoire qui change encore une fois de ton avec les précédentes et annonce des grands changements dans la suite de la saga. Le royaume du nord s'étoffe, et les nouveaux arrivants vont devoir, eux-aussi, conquérir ce sol dur et froid.

Bernard Clavel n'a pas son pareil pour nous dépeindre des situations qui nous plongent dans une ambiance de façon si puissante. On vit avec ces braves colons du nord, on sent que ça sera dur et que la fin ne sera jamais aussi heureuse qu'elle l'est dans un conte, car la vie est cruelle, mais elle contient tout de même de belles choses. Je crois que c'est le résumé de ce livre, beau et cruel. Un troisième tome toujours aussi prenant et qui nous plonge immédiatement dans le quatrième.

(Chronique n°203)

jeudi 3 juillet 2014

L'or de la terrre (Bernard Clavel)



Deuxième tome de la saga, et je retourne avec un plaisir immense dans cette contrée gelée du nord de l'Amérique, dans le Québec froid et dur, celui qui tue l'hiver. C'est aussi le nord encore vierge, qu'on ne connait que très peu et qui recèle bien des choses en son sein. Et puis c'est la plume de Barjavel, celle qui nous donne envie de lire d'un bout à l'autre sans que l'on ne puisse deviner ce qu'il y aura derrière chaque page. Prenez un ticket, embarquez-vous jusqu'à la mine sur l'île, celle qui rend donne, mais qui peut tout aussi bien prendre.


Résumé en trois mots : Or, Mine et Richesse

Comme cela semble parti, je pense que l'ensemble de la saga sera constituée de tragédies. Enfin ... des tragédies à la Clavel, un auteur qui vous enrobe tout ça tellement finement que vous ne vous ne considérez plus ça comme de la tragédie. Comment en parler exactement ....

Clavel a un style d'écriture complètement prenant, qui vous envoute en peu de temps, vous accrochant aux personnages quand bien même ceux-ci ne sont pas du tout héroïque. Et qui ne vous donne pas envie de lâcher, mettant en place tout les pions d'une tragédie qui va se dérouler petit à petit. Mais, en même temps, cette tragédie n'est que le déroulement de la vie, celle qui prend et donne sans pitié et sans regarder. C'est là peut-être que réside le paradoxe de ses livres. Il nous compte les malheurs, mais sans qu'on ne puisse dire que c'est tragique. La phrase "C'est la vie" n'a jamais pris autant de sens qu'ici, où la vie s'écoule, commence, continue, s'arrête au fil des pages.

Clavel nous compte la quête de l'or dans le sol froid du Québec, dans une mine qui va rapporter, et les hommes qui accomplirent cette quête avec acharnement et opiniâtreté jusqu'au bout. Des gens qui vont aussi changer, pris dans la fièvre de l'or, mais pas de la façon dont on s'y attendrait. Et le roman nous entraine toujours en avant, sans s'arrêter un seul instant. Le temps marche, les choses avancent, et Clavel nous conte tout ça.

C'est d'ailleurs sidérant, mais Clavel partage ce trait avec Neil Gaiman, d'avoir une écriture qui semble être celle d'un conteur, comme s'il venait nous sussurrer à l'oreille les mots qu'il a tapé. C'est d'autant plus impressionnant que lorsque je le lis, j'entends vraiment un personnage me parler dans l'oreille et me raconter tout cela.

Un livre tout aussi bon que le premier, qui nous entraine dans ce nord froid et rude, mais aussi généreux, quand on sait rester prudent. Un livre qui se lit parfaitement bien, qu'on dévore presque et qui donne envie de se plonger dans la suite, de redécouvrir le St-Laurent et les berges de l'Harricanna. C'est une saga qui m'entraine déjà, et dont j'ai envie de connaitre la suite. Que de beauté, que de malheur, dans une fresque historique malheureusement très proche de la vie.

(Chronique n°202)

mardi 1 juillet 2014

Harricana (Bernard Clavel)


Nous voici en route pour une nouvelle saga, avec le Royaume du Nord de Bernard Clavel, un auteur français (ça faisait longtemps) et avec lequel je retourne dans ce grand nord qu'affectionne tant Jack London. Mais du côté de la Belle Province, dans le Québec où s'installent les premiers colons, sur les rives de la rivière Harricana. C'est là que va se dérouler toute cette saga, où seule la nature fait acte de présence immuable, où l'homme n'est que de passage, parfois plus brièvement qu'il ne s'y attendait, et toujours profondément humain (à savoir stupide, ignorant, cruel, dur, tendre, affectueux, amoureux, travailleur ...). Une contrée sauvage et belle, pour un livre qui s'en sort comment au final ?


Résumé en trois mots : Colons, Magasin et Forêt

Le livre s'ouvre avec cette famille de colons qui partent s'installer sur les bords de la rivière Harricana, alors même que le train commence à arriver et que les trappeurs et autres coureurs des bois reculent de plus en plus face au progrès, et continuera au fil des saisons à nous faire vivre ce simple quotidien.
Disons-le tout de suite : j'ai adoré. Bernard Clavel a une plume en or, c'est un conteur hors-pair, un vrai Jack London français, dans le style et les descriptions. Il alterne narration et description, nous entrainant dans cette terre sauvage, presque vierge et surtout hautement dangereuse, qui fait et défait les vies. Une terre à laquelle il faut s'accrocher pour espérer survivre.
En fait, ce qui fait toute la beauté du livre, c'est la simplicité et l'élégance du style. Assez dépouillé, sauf quand il parle des paysages, Bernard Clavel nous entraine immédiatement dans son univers et je n'ai pas décroché de toute ma lecture. C'est tellement plaisant à lire !
A cela s'ajoute l'histoire, et je n'ai pas été surpris du style (j'avais déjà lu Maudits Sauvages, roman clôturant cette saga), qui est très réaliste, avec tout ce que cette vie peut comporter comme bon et mauvais côté. Les coureurs des bois m'ont clairement fait penser aux personnages de London, et la famille ressemble à n'importe quelle famille de colons qui serait arrivé dans ce siècle. Mais tous ensemble vivent une vie dure, peu généreuse et pourtant remplie. Les choses s'enchainent avec un naturel évident, et jusqu'à la fin j'étais avec eux, dans ces bois froid, dans cette terre du nord, inhospitalière mais attirante. C'était un superbe voyage, encore une fois dans ces terres nord-américaines, entre Ottawa et la baie de St-James.

Une saga qui commence comme ça (et qui se clôture également d'une manière sublime), j'en redemanderai tout les jours. Quelle beauté dans les écrits de Clavel, qui nous conte si bien ces récits. J'ai été charmé par sa plume et j'ai dévoré le roman d'une traite. Bernard Clavel est vraiment un écrivain extraordinaire, car en plus de tout cela je n'ai que peu mentionné le fond qui mérite des éloges. Un tel écrivain, c'est de l'or en barre, et je le range à côté de mes précieux Jack London pour ne rien perdre de tout ce nord froid et attirant. J'attaque la suite sans attendre.

(Chronique n°201)

samedi 28 juin 2014

Les petits dieux (Terry Pratchett)

Encore du Terry Pratchett, encore du disque-monde ! Je n'en ai pas fini avec cet auteur, qu'un ami me passe régulièrement. Celui-ci, m'a-t-il assuré, était très bon. Il rentrait aussi dans le cadre de différentes lectures que nous avons eu en commun sur le sujet de la religion. Et il me semble que cette lecture s'inscrit totalement dans le cadre de cette réflexion, très intéressante d'ailleurs, de la religion au travers du regard de la fantasy. Ce qui nous donne d'ailleurs un excellent vecteur de réflexion pour le monde réel, tout autant sur la religion que la foi, le divin et surtout les prophètes. Et quoi de mieux pour le faire que d'utiliser une histoire inventée de toute pièce pour faire passer le tout ? Ainsi, c'est exactement ce que nous aurons ici !


Résumé en deux mots : Religion, Foi et Humour

L'histoire va tourner autour de Frangin, novice dans un temple dédié au grand dieu Om. Le plus grand temple dans la ville principale du royaume contrôlé par les croyants dans le dieu Om. Mais une hérésie est là, présente et installée. Une hérésie disant que le monde n'est pas rond mais plat, posé sur le dos de quatre éléphants juchés sur une tortue. Et le brave mais benêt frangin ne vas pas voir sa vie s'arranger lorsqu'il découvrira le dieu Om prisonnier dans le corps d'une ... tortue.

Disons le tout net, ce livre est pour l'instant, selon moi, le meilleur des Annales du Disque-monde que j'ai lu. Une virtuosité sans pareil le parsème ! Je ne reviendrais pas sur l'extraordinaire humour que contient cette pépite littéraire, mais je dois bien rendre hommage au talent monstrueux de l'auteur pour transformer son livre à la fois en satyre piquante de différentes choses (notamment ici de la Grèce Antique et de ses penseurs, mais aussi de la religion, du fanatisme et de la foi) mais aussi en véritable réflexion sur ces points, donnant à la fois son avis éloquent et un angle de vue toujours intéressant.
Concrètement, les développements et digressions autour de la foi sont tout simplement excellent, avec cette leçon si bien inscrite : à trop vouloir faire croire les hommes dans un dieu, ils croiront plus dans la religion qu'en lui. C'est tellement bien mis en scène que je ne peux qu'applaudir devant l'ingéniosité. Et je ne parle pas de toutes les symboliques énormes qui sont placées et détournées (notamment la fameuse traversée du désert).

Si je peux me permettre le jeu de mot, ce livre restera dans les annales. Blague à part, il s'agit d'un excellent livre que j'ai adoré lire, tout autant pour son histoire et son humour habituel, que j'ai trouvé excellent comme toujours, que pour son côté plus philosophique et réfléchit sur la religion et tout ce qui en découlait. Tout est traité, bien traité, et intelligent. C'est rare les livres de ce genre qui vous font rire et vous font réfléchir, mais c'est exactement le style qui me plait et je suis totalement partisan de cette façon de faire. Vivement d'autres dans le même genre !

(Chronique n°200)

jeudi 26 juin 2014

La huitième fille (Terry Pratchett)

Suite au précédent tome, nous voila à présent plus au fait de la façon dont se déroule la vie quand on se trouve au-dessus d'un disque juché sur quatre éléphants debout sur une tortue géante parcourant l'espace. Car oui, messires, le disque-monde n'a pas un tel nom par hasard. Mais si la vie nous semble un peu plus compréhensible, elle n'en est pas moins sujette à des problèmes, comme partout ailleurs. Particulièrement quand il est possible de faire de la magie. Et c'est là qu'intervient ce livre, puisqu'il commence (encore une fois) par des problèmes.


Résumé en trois mots : Magie, Parité et Humour

Cette fois-ci, le sujet ne concerna pas seulement la parodie amusante et déjantée de la fantasy, mais également celle de l'égalité homme-femme. Et pour cela, l'histoire utilise un vecteur très sympathique, à savoir la magie ! Eh oui, sur le disque-monde, soit on nait fille et alors il nous reste seulement à faire sorcière, soit on nait garçon et la voie des mages est ouverte. Mais voila qu'est née une petite fille qui a héritée de pouvoirs de mage. Peux-elle espérer aller étudier dans la prestigieuse université magique et maitriser les arcanes de magies réservées aux hommes ?

Il faut avouer que Terry Pratchett a un don incroyable pour intégrer dans ses histoires des petites réflexions pas dénuées d'intérêts, avec toujours une idée de base sympathique et qui évolue ensuite au fur et à mesure, au gré de l'humour et de la vie du disque-monde. Dans le premier tome, ces petites réflexions étaient plus discrètes et plutôt par touches, mais là c'est vraiment génial. Toute l'opposition qu'on pourrait retrouver chez nous entre un homme et une femme pour des raisons idéologiques ressort d'une autre façon.

Ce qui m'a en outre énormément plu, c'est que si la jeune fille est le centre de l'attention du livre, c'est bel et bien Mémé Ciredutemps qui est l'héroïne de ce livre, vieille femme un peu ignorante et ayant consacrée sa vie à son apparence de sorcière, mais qui est aussi une femme énergique, à poigne, pleine de ressources et au final très sympathique. Encore une fois, les personnages de Pratchett m'ont intéressé, des vraies gueules sympathiques.

Un deuxième tome dans la même veine que le premier, et que je ne peux que vous conseiller de lire dans la foulée, on y retrouve tout les éléments qui ont fait la force du premier livre (ou des deux premiers) dans un autre domaine, et moi ça me plait ! Si vous hésitez encore à vous plonger dans cette volumineuse saga du Disque-monde, n'attendez plus et jetez vous à l'eau. C'est une pure merveille d'humour et d'inventivité qui vous attends, alors n'attendez plus. 

(Chronique n°199)

mardi 24 juin 2014

La huitième couleur/Le huitième sortilège (Terry Pratchett)

Un ami m'a prêté ce livre, en m'expliquant de façon assez convaincante que ma culture littéraire fantasy ne serait pas complète tant que je n'avais pas lu ces romans fondateurs de la mythique de la saga du disque-monde. Et bien évidemment, je me suis retrouvé avec deux livres très court et donc très vite lu, pour lesquels je n'ai pas passé plus de deux jours (et encore, pas entier) pour finir les deux tomes. Et maintenant, je vais vous faire un petit commentaire sur ces deux livres, qu'il ne faut pas dissocier à mon avis, puisqu'il s'agit d'une seule histoire à la suite, qui s'enchaine. Et c'est ainsi que s'ouvre les annales du disque-monde !


Résumé en trois mots : Magie, Monde et Humour

Humour étant le maitre mot de ce livre, il faut bien que je le développe en premier, tant toute l'histoire va tourner autour de cela, tout est drôle d'un bout à l'autre, aussi bien dans les situations, les annotations de l'auteur, les personnages, les répliques, l'ensemble ... Tout est absolument drôle d'un bout à l'autre, sans même faire référence à tout ce qui est des clin d'oeil à tout ce qui s'est fait dans la fantasy.

Bref, sans m'étendre tout le temps qu'il serait nécessaire, je peux dire que c'est incroyablement drôle. Pratchett a un humour à toute épreuve, et qui se glisse absolument partout, dans le moindre recoin, la moindre fissure qui le permettrai. Si bien qu'on sourit tout le temps et que je me suis retrouvé à rire franchement plus d'une fois. Voir même rire franchement. Et vous ne pouvez pas imaginer le bien que ça fait parfois, de lire un roman qui se fout aussi ouvertement de tout les codes de la fantasy. Jusqu'au bout.
Tout le reste est bon, c'est bien vrai. L'histoire est juste excellente, à partir dans tout les sens, toujours retombant sur ses pattes (exercice étonnant, il faut bien l'avouer), présentant personnage excellent (Deuxfleurs, Cohen le Barbare ...) et des situations rocambolesques qui s'enchainent sans temps mort. C'est de l'aventure avec un grand H et de l'humour avec un grand sourire ! Et plein de petites phrases superbes, sans parler d'un coffre à pattes.

Ce livre, c'est également un torrent de bonne humeur. Vous êtes un peu déprimé, en deux minutes il vous a redonné le sourire. Tout s'y prête, et c'est jouissif de lire tant de bonnes idées en une fois. Sans même parler de l'histoire, plutôt anecdotique même si elle sert de fil rouge à l'ensemble. C'est juste pour le plaisir de suivre quelque chose d'un bout à l'autre, avec un final qui est d'ailleurs assez joli sur A'Tuin, et qui conclut d'une belle façon cet ouvrage. Rien a redire jusqu'au bout, si ce n'est qu'il nous donne une furieuse envie de connaitre la suite des aventures de tout ce petit monde.

Pour un premier tome, c'est plein pot. L'histoire, les personnages, les situations, l'humour surtout, tout est réuni pour qu'on passe un excellent moment en se poilant sans cesse. J'aurais eu des éclats de rire, des fous rires, plein de sourires, des moments parfaits pour bien se sentir au final ! C'est une vraie cure de bonheur que ce genre de livre, et je vous souhaite vraiment de le lire. Surtout qu'une telle parodie de la fantasy ne se retrouve pas ailleurs, c'est à dévorer pour bien comprendre. A lire ? Évidemment, et attaquons ensemble la suite des Annales du disque-monde.

(Chronique n°198)

vendredi 20 juin 2014

Les robots et l'empire (Isaac Asimov)

Les robots, volume 6

Sixième et dernier tome des Robots, la série se clôt ici pour continuer dans la saga des Fondations ! (que je lirais tranquillement ... Plus tard). Nous voila à la fin de cette volumineuse saga dont l'écriture est étalée sur plus de trente ans, et dont les ficelles et les intrigues se mélangent progressivement pour atteindre cette sorte d'apogée d'un univers et d'un monde. La saga continue avec l'empire, mais le cycle des Robots est définitivement clos ici, et j'avoue que c'est avec un petit pincement au cœur que j'ai fermé ce livre. Maintenant, l'empire, puis fondation peuvent prendre place dans le monde.


Résumé en trois mots : Humanité, Robots et Guerre

La situation empire par rapport au dernier tome et la situation politique entre les mondes devient tendues. Mais, enfin, le temps est venu aux robots que nous connaissons de se dévoiler et de commencer à agir pour l'humanité.

Ce tome change beaucoup par rapports au derniers, et sur plusieurs points. L'enquête en soi n'est plus importante, bien que l'on suit une progression de l'intrigue qui se dénoue à la fin, mais celle-ci est secondaire au regard d'autres détails bien plus important. Il est l'heure de la réconciliation entre les mondes spatiens et coloniens, entre la Terre et les autres. C'est pour cela que Gladia prendra ici un rôle prépondérant, même si les héros sont bel et bien les deux robots, Giskard et Daneel. En cela, le roman se démarque complètement des autres puisqu'il propose de suivre l'évolution des pensées et de la réflexion entre les deux robots, chose que j'attendais depuis un long moment et que j'ai adoré. Mais c'est également le temps de conclure tout ce qui a été ouvert dans les autres livres, et donc de proposer ce qu'il faut pour que le roman puisse ensuite continuer tout seul. Et c'est exactement ce qui s'est passé.

Si le roman nous propose une histoire, il fait aussi parfaitement office de conclusion à l'ensemble de la saga, recollant les différents morceaux et joignant tout ce qui a été proposé dans un prolongement direct. Mais en sus, le roman nous ouvre clairement une voie royale vers d'autres possibilités, même si ce roman amorce une fin définitive de l'univers des robots. Ce ne seront plus eux le centre des histoires qui suivront et il faut s'y faire. Mais l'histoire contient encore de la réflexion et pousse plus loin le raisonnement, à la fois sur le racisme, sur l'humanité, sur la notion d'un robot devenu dieu protecteur des humains, d'une humanité scindé, du développement dans l'espace ... Les pistes de réflexions abondent et se multiplient au fur et à mesure des pages.
Si je devais néanmoins sortir une critique, je dirais que la fin m'a laissé très largement sur ma faim. Le cycle se clôt sur les robots mais laisse les humains un peu trop en dehors, notamment Gladia, qui s'efface au fur et à mesure de la lecture, ce que je trouve dommage, car elle disposait d'un sacré potentiel. Mais le livre était déjà assez gros en soi, et les robots devaient conclure cette saga.

Un final en beauté, qui arrive à conjuguer la conclusion des six tomes avec une ouverture vers d'autres horizons que seront les cycles de l'empire puis de Fondation. Asimov continue ses problématiques, toujours plus loin, mélangeant science et philosophie, réflexion et représentation. Un cycle qui incite très fortement a réfléchir à l'être humain, ses potentialités futures mais également tout ce qui fait qu'il est lui-même. Un cycle majestueux et grandiose, qui m'a captivé d'un bout à l'autre tout en me faisant m'interroger sur différentes problématiques, et qui me reste bien en tête au final, faisant de lui un cycle majeur de mes lectures. Voila ce que j'appelle de la grande littérature, et je voudrais en lire encore et encore. A quand la suite ?

(Chronique n°197)

mercredi 18 juin 2014

Les robots de l'aube (Isaac Asimov)

Les robots, volume 5


Cinquième et avant-dernier tome de la saga des Robots, nous arrivons vers le dénouement, bien que ce soient principalement des histoires dissociées les unes des autres, avec simplement des fils conducteurs. Cette fois-ci, embarquons pour Aurora, le fameux monde qui nous est décrit depuis deux tomes et qui contient encore toute sa part de mystères. Et encore une fois, nous voici plongé au cœur d'une enquête qui poussera la question de l'humanité, des robots, du mélange des deux et des futurs de l'humanité plus loin. Autant dire que Asimov a encore beaucoup à dire sur ces points.


Résumé en trois mots : Robots, Conflits et Enquête

Cette fois-ci, les conditions de l'enquête changent encore, le décor n'est plus le même et il s'agit de comprendre le meurtre d'un ... robot ! L'enquêteur terrien Elijah Baley est à nouveau envoyé sur une planète qu'il ne connait pas, mais cette fois-ci affronte plus qu'un simple coupable et une planète hostile aux Terriens. Cette fois-ci, il est plongé directement au cœur de conflits d'intérêts dont les enjeux englobent le futur de la planète Terre et de ses habitants, qui pourraient bien mal finir.

Et encore une fois, l'alchimie opère. Pour un volume encore plus gros que les précédents, Asimov nous entraine dans une direction qui ne se devine pas tout de suite, les coupables étant potentiellement peu nombreux mais cela n'enlevant rien à la difficulté, sans parler du mobile. Et que dire du dénouement, qui m'a littéralement cloué sur place ! Je n'aurais pas pu le deviner, une fois encore, et c'est tant mieux.

Le reste du livre est aussi bon que d'habitude, avec toutes les habituelles réflexions mais également les développements de ce qui a déjà été proposé dans les autres livres (notamment sur le comportement des Spaciens et les façons de voir des autres mondes). Les robots s'effacent presque devant une humanité en proie au doutes et aux inquiétudes diverses. Le futur qui nous est présenté est presque inquiétant par certains côté, et c'est parfois dérangeant. Mais c'est surtout toute cette fameuse réflexion sur l'humanité qui me fait m'interroger. Notamment dans cette réflexion qui intervient, où les robots prennent une part quasi-divine, régissant l'humain pour son bien, sans jamais vraiment le montrer. C'est très intéressant et il y a matière à faire bien des digressions philosophiques.

Un cinquième tome qui pousse encore la réflexion plus loin tout en nous pondant une enquête pas dénudée d'intérêt et qui m'a complètement surpris. Un tome de plus qui confirme le statut de cette saga, à la fois intéressante dans la science-fiction, mais aussi dans la réflexion et dans la saga en elle-même, avec ses continuités et ses différents liens qui se nouent, et semblent se conclurent dans le tome 6, que je ne manquerais pas d'attaquer dans très peu de temps. Un tome de plus à lire, donc, et Asimov confirme encore une fois son talent. Mais avait-il vraiment besoin de le faire ?

(Chronique n°196)

lundi 16 juin 2014

Face aux feux du soleil (Isaac Asimov)

Les robots, volume 4


Quatrième partie de cette grande fresque des Robots, voici Face aux feux du soleil, nouveau volume d'enquête avec le couple d'enquêteur de Elijah et Daneel, le robot Aurorien et l'enquêteur terrien. Les deux personnages déjà présent dans le volume précédent. Et, bien évidemment, nous les retrouvons cette fois-ci encore dans le cadre d'une enquête impliquant des robots, les lois et tout ce détail. Mais cette fois-ci, nous changeons de cadre de façon radicale ! Eh oui, Asimov ne reste pas que sur Terre. La preuve en histoire.


Résumé en trois mots : Robots, Meurtre et Sociologie

Dans cette histoire, Asimov fait voyager ses personnages ailleurs, dans un autre monde, appelé Solaria, et l'enquête se déroule en condition hors Terre.
Pour cette deuxième enquête de la pair de détective, beaucoup de changements sont en ligne de mire. D'abord, le personnage de Daneel est pour ainsi dire insignifiant, ne faisant que de brèves apparitions au début et à la fin, bien que sa présence soit essentielles. Ce que je regrette, c'est qu'il n'y a pas de continuité avec l'opus précédent, notamment au niveau des interactions entre les deux, et finalement ç’aurait tout aussi bien pu être un autre robot.
Le second point, c'est l'enquête très différente, en un sens moins intéressante et moins surprenante, qui nous conduit dans un canevas classique (comme la première d'ailleurs) mais qui n'est pas l'essentiel, bien que ce soit le fil conducteur du livre.
Par contre, je dois dire que l'ambiance totalement différente et en mieux. Là, je tire mon chapeau à Asimov qui nous pond cette fois-ci une réflexion sociologique sur les développements extra-terriens de l'humanité, avec son lot de bons et mauvais côtés. Mais surtout avec tout son lot d'idée sur ce que l'humanité pourrait devenir en suivant une voie plutôt qu'une autre. Et là, l'effet est totalement réussi. La façon de faire, d'être, des Solarians est tellement glaçante qu'on ne peut que s'insurger contre ce mode de vie. Asimov réussi parfaitement à nous distiller son point de vue, et les conclusions qui en ressortent au final sont plus qu'intéressante. Notamment parce qu'elles font réfléchir au futur de l'humanité.

Ce tome-ci est très différent des premiers, s'orientant vers la sociologie et le devenir de l'humanité, plutôt que sur son rapport au robots, qui est ici développé plus faiblement, avec peu de nouveautés. C'est une enquête qui explore clairement l'humain et tout ce qui en ressort (avec des côtés semblables à Le meilleur des mondes d'ailleurs), tout en nous fournissant aussi d'intéressantes pistes de réflexion sur la façon dont l'humanité se scinderait avec l'expansion spatiale. Asimov qui revient au top de sa forme dans ce roman qui nous invite à sacrément réfléchir sur l'homme et ses futurs. La série continue vraiment d'une belle façon.

(Chronique n°195)

samedi 14 juin 2014

Les cavernes d'acier (Isaac Asimov)

Cycle des robots, volume 3


Le troisième tome inaugure enfin les histoires longues et introduit les personnages que nous retrouverons au fil de la saga. En y repensant, c'est la première fois que je lis une histoire en un volume de Asimov depuis le livre Cailloux dans le ciel, mais j'ai maintenant les deux gros cycles (Les robots et Fondation) dans la ligne de mire, c'est donc parti pour des histoires plus longues. Et j'avoue que ça fait plaisir de retrouver le talent de cet auteur qui m'avait ébloui lors de ma première lecture.


Résumé en trois mots : Enquête, Robot et Spatiens

Les Spatiens, humains habitants d'autres planètes, genre qui n'est ni terrien ni extra-terrestre ... Un concept assez amusant. D'ailleurs, en y repensant, ça me rappelait un peu le cadre de l'histoire Cailloux dans le ciel, avec cette Terre vieillissante qui n'est qu'un petit morceau perdu dans l'immensité des autres espaces de l'univers.
Le livre en lui-même n'est qu'une enquête, mais pas, cette fois-ci, sur les robots. Il s'agit toujours de s'interroger sur les robots, mais d'une autre façon, et sans s'intéresser aux conditions d'actions des trois lois. Ici, la focale se fait plus sur l'interpénétration de la société par les robots et la haine viscérale que pourraient éprouver les humains au contact de ces êtres à la fois semblables à eux-mêmes et en même temps supérieur par bien des côtés. Ce qu'Asimov appelle le syndrome de Frankenstein.
J'ai beaucoup aimé ce livre, une enquête très sympathique et pour laquelle j'ai beaucoup hésité, même si le coupable m'apparaissait comme potentiel, je n'ai rien deviné jusqu'à la fin. En tout cas, elle est très bien réalisée.
J'ai beaucoup aimé le différents points de réflexions qui composent le roman, même si ceux-ci sont souvent des points déjà présents dans les nouvelles que j'ai lu, mais ils confèrent un éclairage sympathique à l'enquête qui n'est pas l'essentiel du livre.

Un bon roman, même si ce n'est pas le meilleur de l'auteur, mais qui se lit agréablement et qui invite à réfléchir encore une fois au potentiel en devenir de l'humain sur Terre, mais aussi dans le reste de l'Univers. Sans oublier, bien sur, tout ce qui caractérise cette série : les robots et leurs place dans un monde d'humain, leur interaction avec eux et tout ce qui s'ensuit. Bref, un nouvel opus toujours dans la bonne moyenne des Asimov et qui m'invite à me pencher sur le suivant assez rapidement.

(Chronique n°194)

jeudi 12 juin 2014

Un défilé de robots (Isaac Asimov)

Les robots, tome 2


Deuxième tome de la série des Robots, avec encore une fois un recueil de nouvelles (je crois bien que c'est le dernier, les autres livres de la série sont des histoires en un tome). Mais, cette fois-ci, nous avons du changement ! Et c'est tout l'intérêt d'un autre tome.


Résumé en trois mots : Robots, Lois et Problèmes

Cette fois-ci, les histoires sont centrées autour des robots (tiens, quel hasard !) mais dans un cadre terrestre. Les premiers volets nous racontaient les péripéties des robots dans l'espace, cette fois-ci nous avons le droit au développement des robots dans un environnement d'humains "normaux", où les spécialistes ne sont là que pour constater ensuite.
Dans les récits d'Asimov,  les robots ne sont pas autorisés sur Terre, par une peur qu'il appelle "Le complexe de Frankenstein", et sont donc limités aux activités extra-terrestre, ce que nous trouvons dans les histoires du premier tome. Le deuxième tome s'ouvre encore avec quelques histoires dans ce style (notamment la seconde qui est extraordinaire), mais introduit aussi les robots domestiques, aux usages courants, et qui se mettent au service des humains. Entre machination de la compagnie pour les faire apprécier d'un large public et problèmes, liées aux humains ou à l'interprétation des trois lois (Asimov lui-même s'étonne du potentiel contournement de ces trois lois si simples). En bref, beaucoup d'ingéniosité en perspective.

Et encore une fois, le charme opère. Des mini-énigmes à chaque nouvelle, dans laquelle il nous faudra trouver le détail qui éclaircie tout, sans parler de tout les aspects humains qui composent les personnages récurrents (notamment le docteur Susan Calvin), et tout ce qui invite à réfléchir autour de l'homme, la science, le supra-humain et les limites, de l'humain et de la robotique. Paradoxalement, en utilisant les robots, Asimov nous centre la plupart des récits sur l'humanité.

Excellent seconde tomes, au nouvelles variées et un peu plus longues, ce qui fait qu'on en a moins, mais toujours d'excellentes qualités. Plusieurs nous ferais presque nous émouvoir face à ces humains mis en perspective de quelque chose qui les dépasse. C'est toute une réflexion sur l'homme et la machine, sur les limites de l'humain et de sa création, les limites des possibilités et de nos futurs. Asimov nous offre philosophie et humour mélangé à de la science et du rêve. Encore une fois le cocktail parfait.

(Chronique n°193)

mardi 10 juin 2014

Les robots (Isaac Asimov)

Les robots, volume 1


Premier tome de la série de Asimov consacrée aux robots, je me suis laissé entrainer alors que les autres livres en cours m'intéressaient peu (une semaine que je les traine, je crois qu'il faut faire quelque chose). En fait de livre, c'est surtout, encore, un recueil de nouvelles avec des protagonistes identiques et tournant autour de l'histoire de ces robots. Premier tome d'une série donc, et je me suis permis de les lire tous pour pouvoir chroniquer la série dans l'ordre. Allons-y pour six chroniques d'affilées !


Résumé en trois mots : Robots, Espace et Conscience

Encore une fois, les nouvelles vont explorer toutes les possibilités des robots dans un monde futuriste mais pas forcément plus ouvert, qui connait notamment des difficultés à aborder le robot humain, qui est finalement réservé à l'espace et aux territoires extra-terrestre. Nous retrouvons aussi toutes les questions métaphysiques des robots, les prises de conscience et ce que l'on pourrait appeler "l'âme robotique". Sans parler des trois lois et de toutes ces possibilités de contournement. Et bien sur, de la différence qui s'amenuise entre humains et robots.
Le propos d'Asimov est toujours bien documenté et très scientifique, quoique certaines choses ont bien du changer avec le temps passé depuis l'écriture, mais c'est tout le reste l'intéressant. L'émotion qui peut passer dans la première nouvelle, l'humour qu'il distille régulièrement (notamment lorsqu'un robot développe son point de vue sur Dieu) ou encore la façon dont il installe une enquête pour pouvoir ensuite nous livrer une solution parfois simplement humoristique, parfois plus réfléchie. Des questions soulevés révèlent un intérêt énorme notamment sur la dépendance que peuvent entrainer les robots et les machines, mais aussi sur l'interprétation des trois lois ou simplement la façon de les appréhender.

Un recueil de nouvelles sur les robots efficace donc, qui ne dénature pas dans tout ce qu'a fait Asimov, sans que je puisse aller à considérer que ce soit le meilleur de lui. Il contient des excellentes nouvelles, et la façon de les mettre en scène avec le même protagoniste narrateur m'a intéressé. Même si le personnage de Susan Calvin est quelque peu déroutant, une humaine plus robot que ceux qu'elle étudie. Et les huit nouvelles s'enchainent sans temps mort. Une lecture très intéressante et qui m'a encore une fois invité à réfléchir, ou fourni des pistes de réflexions que je pourrais exploiter en d'autres occasions. Un bon livre introductif aussi à la saga des robots, à laquelle je vais maintenant m'atteler.

(Chronique n°192)

dimanche 8 juin 2014

Atomic Bomb (Fabrice Colin & David Calvo)

Dans le cadre du festival de Epinal dédié aux livres de SFFF*, je me suis retrouvé à acheter ce petit livre pour l'insigne honneur d'une dédicace de Fabrice Colin, compagnon d'écriture d'un certain David Calvo dont je cherche à lire un peu plus d'ouvrage à présent. Et qui n'était pas là, d'ailleurs. Bref, je me suis retrouvé avec ce livre en main, mais vous entendrez souvent reparler de ce festival, un ami y a trouvé beaucoup de livres que je commenterais ici. En attendant, attardons-nous sur le cas d'un livre assez particulier, dénotant un poil dans mes récentes lectures et qui fut englouti bien trop vite à mon gout.


Résumé en trois mots : Bombe atomique, Rats et Extra-terrestre

Pour avoir envie de lire ce livre, lisez simplement le dos et vous aurez une excellente idée de la teneur générale de l'ensemble. A savoir, complètement barré, déjanté, fourmillant d'idée et, semble-t-il, à moitié malade mental.
Ce livre est un roman, mais en même temps trois nouvelles, qui s'articulent ensemble tout en étant très indépendante. Et en traitant ... de tout et n'importe quoi. De rats prenants du LSD, de vieux qui surfent, d'extra-terrestre en forme de poire ... Je ne sais pas comment parler de ce livre, c'est tellement fouilli, foutraque et incompréhensible ! Les idées foisonnent au milieu d'un humour particulier. Et je ne parle pas du style d'écriture, excellent, sans parler des références qui parsèment l'ouvrage, tout en rendant hommage à de nombreuses choses.
En tant que tel, je pense que le livre n'est pas hyper simple à appréhender, mais quand on accepte de s'accrocher, de laisser sa logique au vestiaire et de lire sans se prendre la tête, on passe un excellent moment. Les situations s'enchainent et le délire parsème les pages jusqu'au bout, dans des explosions finales qui laissent assez rêveur. D'ailleurs la fin apportera aussi son lot de surprise sérieuse. Je ne sais pas si c'est le cas de tout les Calvo, mais la thématique de la fin est bien présente, avec une sorte de cheminement dramatique à la fin, très inattendu. Mais bienvenue.

Un drôle de livre, bien écrit et qui m'a surpris d'un bout à l'autre. Si vous acceptez de lire un livre en laissant temporairement votre réflexion logique de côté, il vous sierra à merveille. Mais dans le cas contraire, vous trouverez un livre obscur et incompréhensible. C'est un style, il faut l'apprécier pour pouvoir le livre, et dans mon cas j'adore. J'ai hâte de lire la suite des livres de Calvo, et je vais me pencher sur les Fabrice Colin, j'en ai plusieurs en réserve. Ces deux auteurs me semblent extrèmement prometteur.

(Chronique n°191)

jeudi 5 juin 2014

La fille de la nuit (Jack London)

Encore un recueil de nouvelles, histoire d'avoir de quoi lire tranquillement entre deux livres, lorsque je n'avais pas assez faim pour un roman, et je me suis évidemment tourné vers un auteur que j'affectionne, afin d'être sur de vouloir le lire. C'est pourquoi je suis retourné du côté de San Francisco, dans la fameuse ville de London, celle qu'il a tant aimé, voir une petite brochette d'humanité telle qu'il sait si bien le présenter. Et me voila embarqué pour quelques nouvelles.


Résumé en trois mots : Nouvelles, Humanité et Nature

Soyons honnête, Jack London m'a semblé bien faible dans ce recueil, en comparaison de tout ce que j'ai déjà lu de tellement bien dans sa bibliographie. En même temps, avec tout ce qu'il écrivit en si peu de temps, il y a obligatoirement des moments moins réussis. Et ce livre en compile une petite partie.

En fait, sur l'ensemble du recueil aucune nouvelle n'est spécialement marquante. On y retrouve de nombreux thèmes cher à Jack London, notamment dans le paysage qui est dessinée ou dans le côté social des hommes qui vivent entre eux, la représentation de la femme et le côté sauvage des humains. C'est à nouveau bien tourné, mais j'ai trouvé la plupart des nouvelles anecdotiques, bien écrit certes, mais qui ne sont pas dans une veine inoubliable. Par rapport à d'autres, elles sont moyennes.

Un recueil de nouvelles qui n'est pas dans le haut du panier par rapport à l'auteur. Il a déjà fait largement mieux, c'est certain, mais l'ensemble reste d'un bon niveau, sans que l'on puisse parler de chef-d’œuvre. Pour ma part, c'est une petite déception sur un tel auteur, que j'affectionne tant. Je m'en remettrais en lisant les prochains ouvrages de ma liste, et je pense que c'est pour dans peu de temps.

(Chronique n°190)

mardi 3 juin 2014

Just Kids (Parri Smith)

Perdu dans une librairie à la recherche d'un cadeau d'anniversaire, je suis tombé sur un livre complètement par hasard. Imaginez, vous vous promenez dans la section "Poésie" à la recherche d’Apollinaire et de Prévert lorsque vous voyez le nom d'une artiste que vous avez découvert récemment et dont les musiques vous ont charmés. Evidemment, je tends la main pour vérifier l'ouvrage. Un recueil de poèmes ? Une traduction de ses chansons ? Des inédits ? Nenni, une autobiographie. Là, vous restez un instant pantois en vous demandant quel imbécile est allé ranger ce livre dans la section poésie. Mais, enhardi par votre insatiable curiosité, vous vous décidez à le lire, avec cette couverture curieuse et en même temps attirante. Rentré chez vous, vous le laissez dans un coin pendant deux jours, le temps de finir d'autres ouvrages commencées, puis vous l'attaquez hardiment. Et là .... Le choc. Lequel ? Je vais vous le dire.


Résumé en trois mots : Amour, Poésie et Art

C'est à la fois un récit auto-biographique, une chronique sociale sur le New-York des années 60/70, un magnifique texte sur l'art et l'artiste, tout en étant un manifeste de la vision de Patti Smith sur tout ça. Et le tout, s'il-vous-plait, avec une des plus magnifiques plumes que je n'ai jamais lu.
Pour faire simple, mon plus gros coup de cœur du moment, et depuis La route, une des plus belles baffes littéraires de ces derniers mois.

Je connaissais surtout Patti Smith par l'intermédiaire du Bison, qui avait posté une superbe critique de sa chanson Gloria, que je vous recommande. C'est pourquoi, intrigué par ce livre, je me suis jeté voracement dessus. Rien que pour les citations que j'en ai tiré, je vous recommande chaudement la lecture.

Le livre s'ouvre sur une introduction d'une pure beauté, qui est comparable à celle de La nuit, et rien que ça devrait inciter toute personne l'ayant lu à s'aventurer plus loin. Ensuite, le livre s'ouvre vraiment et nous suivons Patti Smith dans sa vie, entre enfance traitée rapidement et son arrivée à New-York, jusqu'à ce qu'elle choisisse définitivement la musique et la poésie. Le tout, avec Robert en fond.
Robert, c'est l'amour et l'amitié, le frère et l'amant, le double et le miroir. Les deux avanceront presque côte  à côte au fur et à mesure du livre, dans une relation à la fois belle et puissante. Rien à voir avec un roman mièvre, c'est une belle relation, tout simplement.

L'histoire est à la fois géniale, remplie de détails sur cette société artistique, les personnages connus ou moins connus se croisant dans les rues autour de ces salles, ces hôtels, ces bars et ces restaurants. Les noms, les têtes se mélangent dans un tourbillon de créations. Et au milieu, Patti Smith se découvre, se renouvelle, va changer sa vie et s'inscrire dans la musique, définitivement.

Je ne peux pas parler du livre sans évoquer son ton. A la fois léger et grave, il est surtout, incroyablement poétique. Une superbe poésie, et je ne sais pas si c'est la traduction, mais certaines phrases sont réellement sublimes. Des citations me reviennent en tête alors que j'écris, mais le livre est truffé de pépites, des morceaux de littératures extraordinaires. Et c'est d'une beauté .... troublante et passionnante.

Bon sang, j'aimerai lire plus souvent des livres aussi bon. Poésie et société, musique, art, passion, amour, tout est là pour une réussite plus que parfaite. Un livre qui m'a transporté et qui m'a passionné d'un bout à l'autre. Une autobiographie comme je n'avais encore jamais lu. Mais que puis-je dire sur ce livre qui n'est pas encore une éloge ? Lisez-le ! C'est tellement beau.

(Chronique n°189)